4,5 milliard d'euros, c'est le montant retenu par Nicolas Sarkosy pour le numérique. Réglant son pas sur les incitations de l'executif européen, le président a voulu privilégier l'investissement dans le secteur des technlogies numérique considérant qu'elles jouent un fort levier sur la croissance et l'emploi. Selon le magazine ITR Manager, l'investissement dans ce secteur a contribué à 60% de la croissance française durant la période 2001-2005.
Cependant, cet effort d'investissement reste deux fois moindre que dans les pays les plus avancés de l'OCDE. Ce sous-investissement explique 60% de notre écart de croissance avec les Etats-Unis depuis 2000.
L'Europe et la France ont pris du retard en matière numérique, avec par exemple la quasi-disparition de l'industrie du logiciel en Europe et un quasi-monopole américain sur la gestion des données. De nouveaux défis sont à anticiper et présentent autant d'opportunités, comme par exemple le développement concomitant des nanotechnologies et des neurosciences qui vont révolutionner l'intelligence logicielle et le développement de l'Internet des objets. Des risques sont aussi à anticiper aussi, comme la cybercriminalité voire le cyberterrorisme, ainsi que la crise de confiance dans le numérique sur la protection des données personnelles. Le montant dans le numérique se répartit en deux parties : 2 milliards pour les infrastructures et 2,5 milliards pour favoriser les usages.
Ainsi, parmi les priorités du gouvernement :
le passage de la France au trés haut débit dont l'équipement des entreprises et du grand public par la fibre optique. Cet effort représente plusieurs dizaines de milliards d'euros d'investissements à réaliser, un levier pour la compétitivité de nos entreprises et un facteur essentiel d'aménagement de nos territoires et de développement de nouveaux services innovants, tant pour les entreprises que pour les acteurs publics et les citoyens. L'objectif est d'atteindre en dix ans une couverture en très haut débit de 70% de la population.
Deuxième axe privilégié, le developpement des usages, services et contenus numériques innovants avec 2,5 milliards d'euro supplémentaire. Une partie des ressources du fonds sera mobilisée pour investir dans de grandes centrales numériques de calcul et de stockage, dans le contexte de l'émergence du cloud computing, de manière à développer rapidement une alternative française et européenne dans un domaine en explosion aujourd'hui largement dominé par des acteurs nord-américains.
Faisant echo aux dernières matinales de l'innovation du 22 octobre, ce nouvel enjeu va surtout renforcer les partenariats public/privé.
En effet, que ce soit dans l'implantation de la fibre optique ou dans le developpement de services innovants, la cohabitation entre secteur privé et public sera nécéssaire face à ses nouveaux défis. Que ce soit sous forme d'avances remboursables, de prêts ou de garanties d'emprunts, le fonds national pour la société numérique sera mobilisé pour financer les projets partenariaux publics/privés de recherche, et de démonstration, visant le développement de logiciels, d'usages et de contenus numériques innovants, en particulier dans le domaine de l'e-santé et des réseaux intelligents pour le transport et l'énergie.
Pour étayer ce propos, on peut citer en exemple la jeune pousse Bioalliance Pharma classée selon le cabinet Deloitte parmi les meilleurs Start Up européenes dans le dernier classement Technology Fast 500. Celle-ci est spécialisée dans les traitements du cancer et du sida et illustre l'émergence des biotechnologies et la concrétisation de passerelles entre recherches universitaires et entrepreneurs. Selon la présidente et cofondatrice Dominique Constantini, "les rapports public-privé n'étaient pas dans la culture française, mais je sens les choses plus ouvertes".
Les pôles de compétitivité dont leurs rôles se sont vus renforcés depuis peu seront d'autant plus de champs d'expérimentation pour les nouveaux usages numériques !
